Jusques à quand ?aime weber 200x273

 

Dans les discussions que j'ai avec ceux qui m'entourent, une remarque m'est faite de temps en temps: «Si Dieu existait vraiment, il ne permettrait pas ceci ou cela...» Vous l'avez certainement aussi déjà entendue, peut-être même formulée, cette remarque. Comment réagir ?

Je ne suis pas aveugle! Ma foi n'est pas fondée sur une sorte de myopie intellectuelle... Je vois bien l'injustice, les guerres, les famines, les tremblements de terre, les accidents en tout genre... Si partant de l'idée que Dieu ne fait que le bien, il demeure malhonnête de placer tout cela sur le dos de l'homme. Qui est responsable? Dieu en porte-t-il une responsabilité? Peut-on trouver des réponses, une explication, sortir de notre malaise avec ces questions?

Mais ces questions ne datent pas de la société moderne. Il y a plus de 2600 ans, un homme, un prophète, Habaquq était déjà confronté aux mêmes interrogations. Il vivait dans un petit royaume qui avait pour capitale Jérusalem. Dans ce pays, les habitants étaient fiers d'adorer et de servir le seul Dieu vivant et vrai, le Créateur du ciel et de la terre, l'Éternel, «Yahvé». Mais la distance entre le discours et la pratique était telle qu'Habaquq ne peut s'empêcher de crier à Dieu: «Jusques à quand, ô Éternel, appellerai-je à l'aide sans que tu entendes mon cri ? Jusques à quand devrai-je crier vers toi ''A la violence!'' sans que tu nous délivres ?» (Habaquq 1:2) Il souffrait de voir l'injustice et la corruption si répandue dans son peuple.

Dieu prend le temps de lui répondre... Résumé en quelques mots, il affirme ceci: «Oui, j'ai vu et j'ai déjà prévu la punition. L'empire néo-babylonien va venir avec toute sa puissance militaire et ravager le pays!» Habaquq en reste perplexe. Cette réponse ne correspond pas au Dieu qu'il croyait connaître. Où est la justice dans un tel traitement? Ce jugement est aveugle! Le «remède» est pire que le «problème». Quelle gloire Dieu peut-il retirer d'une telle injustice? Mais après avoir exprimé son incompréhension à Dieu, il reste ouvert à entendre les explications de Dieu.

Et Dieu va s'expliquer (chapitre 2)... Un peu du moins, même s'il ne donne pas toutes les réponses que nous aimerions. Alors, que peut-on comprendre de ces indications?

  • Le projet de Dieu est décidé, il se réalisera.
  • Le juste vivra grâce à sa foi, ou grâce à sa fidélité (Habaquq 2:4).
  • Finalement, la justice sera respectée, car Dieu sanctionnera les débordements de celui qu'il a mandaté pour punir. Il le fait en promulguant 5 malheurs qui condamnent 5 comportements (Habaquq 2:6-20).

Est-ce grâce à sa foi (confiance, croyance) ou à sa fidélité (loyauté, obéissance, persévérance) que le juste vivra ? Mais ces deux notions sont-elles si distantes l'une de l'autre? Comment parler de «foi» si elle n'est pas confirmée par la «fidélité»? Cette «fidélité» ne trouve-t-elle pas sa source dans la «foi»? Comment parler de «juste» sans vivre la «fidélité» ? La promesse parle de vie. Mais de quelle vie s'agit-il? Dans un jugement aussi aveugle, certainement pas la prospérité et la tranquillité matérielle. La liberté du contentement et de la bonne conscience? C'est probablement une des réponses. Une autre dimension en est la vie éternelle, c'est-à-dire le privilège d'être reçu dans la présence de Dieu au-delà de la vie terrestre.

Le prophète termine avec une prière (chapitre 3) où il exprime tant sa peur (il a compris qu'il va souffrir de la punition du peuple) que sa confiance (il a confiance que c'est de Dieu que viendra aussi le salut).

Quel lien puis-je faire entre ces cogitations du prophète et la question que j'exprimais au début de cette réflexion?

Si la technologie et la civilisation ont permis d'améliorer le confort d'une partie des humains, les injustices sont toujours aussi grandes, si ce n'est pas plus. Et le cri du prophète reste d'actualité : «Jusques à quand ?» Les réponses de Dieu restent aussi sensiblement similaires:

  • Le plan de Dieu est décidé, il se réalisera. Et ce plan comprend une fin à ce monde tel qu'on le connaît. Le Créateur en a choisi le moment. En attendant, il fait preuve de patience et appelle les humains à se repentir de leurs conduites injustes. Et même si Dieu permet des jugements providentiels, les injustices actuelles continuent de toucher aveuglément des hommes sans distinction d'origine, d'âge ou de condition sociale, ...
  • Le juste vivra grâce à sa foi et à sa fidélité. Mais qui fait encore confiance au Créateur ? Qui fait confiance au salut, au pardon qu'il offre ? Qui reste fidèle au code de conduite qu'il nous a donné ?
  • Finalement, le droit sera rétabli, car Dieu jugera chacun avec justice ! Comment tiendrons-nous, face à une telle exigence? Par la foi dans la fidélité du Sauveur, Jésus-Christ.

En attendant, je reconnais vivre les mêmes sentiments que le prophète... Je ne peux me séparer de tout sentiment de crainte face à l'avenir. Mais je choisis de faire confiance et je veux dire avec Habaquq : «C'est à cause de l'Éternel que je veux me réjouir, j'exulterai de joie à cause du Dieu qui me sauve.» (Habaquq 3:18)

Concrètement, qu'est-ce que cela change pour nous dans la vie? Je vous propose plusieurs pistes de réflexion:

  • Dieu est sensible à l'injustice, à la violence, à la souffrance. Il rétablira un jour la justice. Et moi, suis-je, à l'image du prophète, comme Dieu, encore sensible à l'injustice, à la violence, à la souffrance? Ou me suis-je plutôt endurci? Le risque est de s'habituer, de trouver cela normal et même, finalement d'en tirer son parti.
  • Jusqu'où suis-je prêt à m'engager pour un monde avec plus de justice? Il ne s'agit pas de me placer en justicier, en «chevalier des temps modernes», car je sais que je ne serais pas impartial et que je ne ferais qu'augmenter les injustices. Mais je peux, à mon échelle, à mon niveau, chercher à ce que mes actions soient empreintes de justice (morale ou sociale).
  • Finalement, ces questions me conduisent à me positionner dans mon attitude face à mon Créateur. Je ne me place pas dans une attitude d'accusation ou de rébellion (s'il y avait un Dieu...). Mais je choisis librement de lui faire confiance, d'avoir foi dans le salut qu'il propose et de me réjouir de la vie qui en découle et de rester fidèle à son code de conduite (car le juste vivra grâce à sa foi, ou grâce à sa fidélité).

Dieu ne change pas, l'être humain pas vraiment... Le message de ce prophète, vieux de 2600 ans, est d'une actualité pertinente. Mais qui se laissera encore interpeller par lui? Qui lit encore son écrit ? Vous le trouverez dans la Bible.

Aimé Weber

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